Jeudi 28 octobre 2010 4 28 /10 /Oct /2010 16:07

Dernière journée à Cuba. Nous passons nos dernières heures dans cette ville magique en profitant des derniers instants à flâner dans les rues pleines de vie. Il y fait toujours une chaleur étouffante et nous rentrons en milieu d’après-midi à la casa trempés de sueur. Nous nous passons un coup de lingette, changeons de vêtements et embarquons dans un taxi. Nous saluons et remercions nos formidables hôtes puis nous nous éloignons de la ville en direction de l’aéroport. Difficile d’admirer une dernière fois la ville car le chauffeur roule à très vive allure sur la voie rapide et en à peine 30 minutes, nous sommes devant l’aéroport avec nos sacs sur le dos.

Nous filons immédiatement nous débarrasser des 20 kilos chacun que nous avons sur les épaules. Nous apprenons au hasard que notre vol en direction de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe) fait escale à Fort-de-France (Martinique) qui est en fait la destination souhaitée au départ. En effet, nous voulions rejoindre directement la Martinique depuis Cuba mais les vols étaient hors de prix et en plus ils nous faisaient repasser par Paris !!! Du coup, spécialistes des bons plans (ou des plans tordus !!!), nous avons acheté un vol en direction de la Guadeloupe d’où nous prendrons un ferry pour rejoindre Fort-de-France, solution bien plus économique, plus rapide et plutôt bienvenue dans notre quête de découverte du monde. Et tant qu’à atterrir en Guadeloupe, pourquoi ne pas la visiter.

Nous tentons néanmoins de modifier nos billets. Après plusieurs mois de voyage, nous sommes pressés de voir notre ami Jérémy et de nous poser. Bien entendu, ce n’est pas possible et nous voilà partis pour une nouvelle aventure. Bagages enregistrés et dos plus légers, nous faisons un petit tour de l’aéroport et discutons en français avec des vacanciers qui rentrent en France. Ils sont affolés du froid qu’il y fait ; nous sommes loin de tout ça et avons beaucoup de mal à nous y projeter.

Prêts pour le décollage… C’est parti et après quelques heures de vol, nous atterrissons à Fort-de-France pour l’escale. Nous regardons la majorité des passagers descendre, patientons quelques minutes et re-prêts pour le décollage… 30 minutes plus tard, nous atterrissons à Pointe-à-Pitre à 23h30.

De nouveau, nous avons opté pour le couchsurfing. Nous avons trouvé un couple depuis plusieurs mois dont le profil nous a plu immédiatement : un couple parti pour voyager il y a déjà plusieurs mois et qui a décidé de faire une pause en Guadeloupe où ils vivent sur un bateau. Arrivant très tard, nous n’avons pas voulu les importuner ; donc pour nous, nuit à l’aéroport. Nous nous installons dans un coin que les flics nous ont indiqué et commençons à dormir. Ce n’est pas du 5 étoiles mais nous commençons à avoir l’habitude de ces situations !!! Question sécurité : en règle générale, tous les aéroports que nous avons fréquenté sont sûrs mais ici c’est le luxe : deux agents de sécurité tournent en permanence et avec notre présence, les policiers font de temps en temps des petites tournées. On se fait même offrir une canette de coca !!! JB finit par s’endormir mais impossible pour Koko qui ne cesse de se réveiller. Nous sommes finalement debout très tôt : un orage tropical éclate, les premiers employés commencent à défiler dès 5H et le soleil pointe son nez peu de temps après.

Nous commençons à tourner en rond en attendant que l’heure avance. La nuit porte conseil et nous avons pensé à louer une voiture pendant quelques jours pour visiter l’île. En effet, le coût du taxi pour nous mener jusqu’à la Marina de Pointe-à-Pitre est approximativement le même que pour une journée de location… Nous attendons donc que différentes agences ouvrent leurs portes à 8h pour se renseigner. Malheureusement, complètement déconnectés, nous arrivons quelques jours avant le grand weekend de la Toussaint et à quelques heures du lancement de la Route du Rhum ; toutes les agences nous indiquent qu’elles n’ont rien de disponible et que c’est vraiment le rush dans toute la ville. Déçus, nous nous jetons dans le premier taxi qui nous mène directement à la Marina. Nous trouvons facilement l’emplacement du bateau sur le quai et nos hôtes sont déjà levés. Ils sont d’ailleurs en pleine préparation pour aller travailler, nous arrivons donc pile à l’heure. Typhaine et Jean-Mathieu nous invitent à bord et nous font la visite des lieux. Nous avons le temps de discuter quelques minutes avant qu’ils nous laissent. Nous filons immédiatement prendre une douche dans les sanitaires communs puis filons nous renseigner dans la seule agence de location de voitures de la Marina. Et quelle chance, le gérant est très sympa et se démène pour nous trouver une solution. Il nous demande de revenir vers midi pour avoir une réponse définitive.

Nous faisons quelques courses et prenons un petit déjeuner. Morts de fatigue, nous nous allongeons sur la couchette avant et nous endormons. Nous sommes réveillés quelques heures après par la chaleur étouffante et les moustiques qui nous dévorent les jambes. Nous émergeons un peu sur l’arrière du bateau et retournons à l’agence de location. Le gérant nous signale qu’une voiture va se libérer pour nous dans quelques minutes. Nous patientons et commençons déjà à établir le contrat pour ne pas perdre de temps. Hélas, la voiture n’est finalement pas disponible et le gérant se démène à nouveau pour nous trouver une autre solution. Nous repartons quelques minutes plus tard avec les clés d’une voiture toute neuve.

Nous retournons sur le bateau où Typh et Jean-Mat sont en train de préparer à manger. Jean-Mat vient de commencer un nouveau job depuis quelques jours, il répare des bateaux situés sur la Marina pour une société. Typh travaille dans une agence de location de bateaux située juste au bout du quai. Ils n’ont donc aucun problème d’embouteillage pour aller travailler !!! Nous prenons le temps de discuter et de faire connaissance. Mais l’horloge tourne et il est déjà l’heure de repartir bosser.

De notre côté, nous sommes bien décidés à profiter de notre escale sur cette île. Nous nous préparons pour une virée sur la Grande Terre, l’île située au Nord-est. Pas de maillot de bain aujourd’hui, la saison des cyclones n’est pas encore terminée et les orages ne cessent de s’abattre sur l’île depuis quelques heures.

C’est parti. Et c’est avec un grand sourire que nous commençons notre road trip. En effet, nous avons eu tellement de souvenirs inoubliables à travers nos différentes virées que nous sommes bien excités de reprendre la route. Nous n’avons aucune difficulté pour nous repérer, bien évidemment nous sommes en France et rien n’a changé. Les habitudes reviennent immédiatement. Nous sortons de l’agglomération de Pointe-à-Pitre par l’autoroute puis empruntons la route qui nous mène droit vers la pointe Nord de la Grande Terre. Nous traversons de grandes étendues de champs et contrairement à ce que nous pensions, la Guadeloupe est bien bétonnée… Nous rencontrons de nombreuses petites maisons tout au long de la route. Nous arrivons quelques kilomètres plus tard dans la ville de Morne-à-l’eau, située en plein milieu de la Grande Terre. D’ici, nous décidons d’emprunter la route qui dessert le Nord de l’île. Nous roulons droit vers le village de Petit-Canal où nous apercevons au loin la mer. Nous continuons jusqu’à Port-Louis où nous décidons cette fois de faire une petite pause photos. Nous nous garons dans une petite ruelle où nous filons droit vers les falaises. Les vagues sont assez importantes. Nous retournons vers la voiture et roulons dans le village où tout est mort, c’est l’heure de la sieste !!! comme dans une ville fantôme. Certaines maisons sont encore en bois et ne sont pas bien jeunes. Nous continuons alors à longer la côte jusqu’à la pointe Nord de l’île appelée la Pointe de la Grande Vigie. Nous avons entendu dire qu’il s’agit des plus beaux paysages de la Grande Terre.

Nous garons notre petite titine sur le parking et rejoignons à pied le point de vue. Depuis notre départ de Pointe-à-Pitre, le soleil nous fait le plaisir de pointer son nez et nous avons ainsi un temps magnifique pour notre petite balade le long de la côte. Nous marchons quelques minutes au milieu des arbres tropicaux pour arriver au bord de la falaise où nous découvrons effectivement de très beaux paysages : une mer des Caraïbes turquoise qui se jette sur de grandes falaises. Nous crapahutons au milieu des arbres et herbes hautes en empruntant des sentiers qui proposent différents points de vue. Bien entendu, c’est très beau mais après de nombreux mois à travers différents pays où nous avons eu les mêmes types de paysages, nous sommes moins emballés. Certains nous diront aussi que cela ressemble beaucoup à la Bretagne et pas besoin de faire tant de kilomètres pour voir ça !!! Bref, nous profitons tout de même de ce moment et notamment de cette belle après-midi ensoleillée.

Nous ne trainons pas car hélas le soleil se couche tôt ici et il nous reste énormément de choses à voir. Nous descendons en direction du Sud par une route intérieure et rejoignons Morne-à-l’eau où cette fois-ci, nous bifurquons vers l’Est en direction de la ville Le Moule. Située sur la côte Est, la ville est bien fréquentée des touristes. En effet, à quelques kilomètres de l’entrée de la ville, se trouve la distillerie DAMOISEAU, là où l’on fabrique le célèbre rhum guadeloupéen. La visite est gratuite donc il serait dommage de ne pas s’y arrêter !!!

Nous comprenons rapidement pourquoi la visite est gratuite : ici, pas de guide ou accompagnateur. De plus, il n’y  a aucune activité puisque ce n’est pas la saison. Les cannes à sucre sont en train de pousser… Un circuit est organisé avec des panneaux expliquant l’histoire de la maison et la fabrication du rhum. Puis, nous sommes libres de nous balader à travers les entrepôts où se trouvent les machines. Nous faisons un tour rapide puis filons vite à la boutique pour une petite dégustation : nous en profitons alors pour goûter différents rhums arrangés artisanaux. Nous hésitons à ramener un petit souvenir mais la pensée d’ajouter du poids dans nos sacs déjà très lourds et les prix (le rhum cubain coûte 3 fois moins cher !!! Il va falloir nous remettre vite aux prix français), nous freinent vite la folie acheteuse.

Nous quittons la distillerie en fin d’après-midi et il ne nous reste que peu de temps avant la tombée de la nuit. Il nous reste à longer toute la côte Sud pour rejoindre Pointe-à-Pitre. Cette partie de l’île est réputée pour ses belles plages. Hélas, vu l’heure, pas de balade sur le sable. On ne s’arrête même pas pour visiter les villages. Le soleil se couche et le ciel prend une toute autre couleur, de l’orangé au rose, les nuages dessinant de belles trainées. Nous arrivons à la Marina où nos hôtes nous attendent. Après une bonne journée de boulot, ils profitent de la « terrasse » de leur « maison ». Nous profitons de la voiture pour faire des courses au supermarché et ainsi nous préparer un bon petit repas et une bonne soirée que nous décidons de bien arroser.

Nous nous préparons un bon apéritif puis une bonne salade de riz que nous accompagnons bien entendu de quelques verres de rhum, la boisson locale ! Nous discutons de nos différentes expériences : Matthieu et Typhaine sont originaires de Bretagne. Ils ont décidé de tout plaquer et de partir à l’aventure. Mordus de voile, ils ont embarqué à bord d’un bateau comme équipiers pour une Transat qui les ont menés droit vers la Guadeloupe. Typhaine a immédiatement trouvé un job. Ils ont donc décidé de s’installer un temps sur cette île où ils ont loué un petit appartement vers la Marina. Puis, ils se sont lancés dans l’achat d’un bateau il y a quelques mois dans l’espoir de partir vers le grand large. Affaire à suivre…

Dans chaque soirée de ce genre, nous refaisons le monde à notre manière et étonnamment l’alcool nous donne toujours de nouvelles idées !!! Il est donc bien tard (ou plutôt bien tôt dans la matinée) lorsque nous nous couchons. La couchette est assez petite mais à l’échelle du bateau, nous sommes quand même bien lotis. Nous nous endormons dans une chaleur étouffante, bercés par le son des moustiques…

Nous sommes réveillés quelques heures plus tard par une chaleur intenable. Il n’est que 7H !!! et le soleil cogne déjà. Pourtant très fatigués, nous nous levons et nous préparons pour notre dernière journée de balade. Et pour aujourd’hui, direction la Basse Terre. Après un bref petit-déjeuner, nous voilà à nouveau sur les routes.

Nous commençons par longer la côte Nord où nous traversons des paysages sauvages. Nous faisons plusieurs arrêts sur différents points de vue et prenons même quelques minutes sur la plage de la Grande-Anse, la plus grande et l’une des plus belles. Puis, nous continuons vers le Sud où nous nous dirigeons vers la réserve Cousteau. Cette réserve naturelle est située sur la plage de Malendure près de la ville de Bouillante. Ce site est très prisé pour les plongeurs. Pour nous, ce sera PMT (Palmes, Masque et Tuba), une solution bien plus économique surtout que nos amis nous ont prêté le matériel nécessaire. Arrivés sur la plage de Malendure, la grosse déception : petite plage blindée de centres de plongée et accueillant un petit port de plaisance. Autant dire que nager à côté de bateaux amarrés ne nous tente pas du tout. Nous nous éloignons dans l’espoir de se trouver une autre plage plus déserte et plus accueillante. Au détour d’une petite impasse, nous arrivons sur une petite plage de sable noir très caillouteuse. L’eau est claire et il n’y a que très peu de monde. Nous nous mettons en retrait sur des rochers où nous commençons par casser la croûte. Nous nous préparons d’énormes sandwichs que nous dégustons en plein soleil. Puis, nous ne nous faisons pas priés pour nous mettre à l’eau. Equipés, nous nous jetons à l’eau. A peine éloignés des rochers, nous nageons au milieu d’une faune et flore très variée : poissons multicolores, oursins, coraux, … Nous apprécions ces quelques minutes dans l’eau mais il faut bien avouer que nous ne sommes plus émerveillés comme les premières fois. Surement lassés de la plage, nous décidons alors de changer de programme et de profiter au maximum du temps qui nous reste pour découvrir d’autres sites.

Nous nous remettons en route en direction du Sud et plus particulièrement vers la Soufrière. Nous traversons la petite ville de Vieux-Habitants puis arrivés à Basse Terre, bifurquons. La route pour accéder au pied du volcan est sinueuse et étroite. Plus nous grimpons, plus l’air se rafraichît à notre plus grand bonheur. Nous traversons le dernier village Saint-Claude puis finissons sur un petit parking bien rempli. La Soufrière est un lieu très prisé par les randonneurs ; n’ayant que peu de jours, nous sommes un peu déçus de ne pouvoir le grimper. A notre grande surprise, nous découvrons au début du sentier une piscine. L’eau provient des hauteurs du volcan et chauffée par l’activité terrestre. A l’ombre des arbres, nous prenons place dans cette eau limpide. Chaque randonneur s’y jette après l’ascension du volcan pour leur plus grand bien. Nous profitons du calme des lieux quelques instants puis continuons notre programme.

Nous faisons chemin inverse pour rattraper la côte. A cette hauteur, nous avons une vue imprenable sur la mer et les environs. Nous empruntons de nouveau la route qui longe la côte en direction du Nord et arrivés à Pointe Noire, nous empruntons la transversale qui nous ramène droit vers Pointe-à-Pitre. Changement radical de paysage : forêt tropicale à perte de vue avec une forte chute des températures. Là aussi la route est assez sinueuse. Nous traversons le Col des Mamelles et faisons une petite halte au bord de la route sur le site de la Cascade aux Ecrevisses. Magnifique cascade de 10 mètres où il est bien entendu possible d’y faire trempette. Le site est plein à craquer. JB ne se fait pas prier pour se mettre à l’eau. Koko en profite pour prendre quelques photos. Et en l’espace de quelques minutes, elle se fait attaquer par les moustiques. Elle aurait mieux fait de se baigner !!!

Nous ne trainons pas pour ne pas rentrer à la nuit tombée. De plus, il nous reste encore Pointe-à-Pitre à visiter. La ville n’offre pas beaucoup d’intérêt mais il serait impensable de quitter la Guadeloupe sans cette visite. Arrivés dans la ville, rien de bien éclatant. La ville est même plutôt glauque et il faut dire que nous ne nous sentons pas bien en sécurité. Rien ne nous donne bien envie… Il y a quelques quartiers franchement crades avec des gentilles dames qui attendent patiemment sur les trottoirs qu’une âme égarée se laisse tenter par leurs charmes. Loin d’être paumés, nous roulons vite pour oublier cette image malsaine de la ville. Puis, nous en profitons pour faire quelques courses, ce sera soirée pizza pour ce soir. Nous arrivons à la marina où nos hôtes nous attendent. Ils sont ravis du menu de ce soir qui ne demande que très peu de temps en cuisine. Nous voilà partis pour une nouvelle soirée sur le bateau et comme la veille, nous ne nous couchons que très tôt dans la matinée…

Le réveil est difficile. Il faut cependant se lever car nous devons rendre la voiture pour midi. Les formalités terminées, nous rentrons sur le bateau et commençons à préparer nos affaires. Eh oui, demain nous quittons la Guadeloupe vers la Martinique rejoindre notre cher ami Jérémy. JB en profite même pour faire la sieste sur le pont du bateau et tente tant bien que mal de rattraper les nombreuses heures de sommeil de retard. Puis, Matthieu et Typhaine nous rejoignent pour une dernière soirée. En fin d’après-midi, de grosses averses se sont abattues et on annonce un petit cyclone. Toute la soirée, de grosses pluies sont tombées et le vent s’est mis à bien souffler. Nous espérons juste qu’il n’y aura pas de problème pour demain.

De nouveau, nous nous couchons très tard mais pour ce soir il va falloir faire un gros effort : nous devons quitter la Marina à 6h et rejoindre le port à pieds soit plus d’une heure de marche avec nos sacs à dos avec l’impératif d’arriver pour  8h afin de nous enregistrer à bord du ferry qui nous mènera droit vers une autre île française des Caraïbes, la Martinique qui est aussi notre dernière étape du voyage. Même si cela annonce la fin, nous sommes néanmoins contents d’arriver enfin à cette étape finale car nous allons rejoindre Jérémy, un vieil ami.

 

Par Koko & JB - Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
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