Un peu d'histoire...

Publié le par Koko & JB

Au départ, un conte:
Le Cambodge naquit de l'union d'une princesse et d'un étranger, un prince Bhramane venu d'Inde. La princesse était la fille d'un roi naga qui régnait sur une terre recouverte par les eaux. Un jour alors que le prince passait en bâteau, la princesse vint à sa rencontre à bord d'une barque. Le prince tira des flèches de son arc magique dans le bâteau de la princesse qui, effrayée, accepta de l'épouser. Pour constituer la dot de sa fille, le roi naga but les eaux qui recouvraient son pays et l'offrit au prince. Le nouveau royaume fut baptisé Kambuja.

Le pays créé se développe et devint un riche royaume "indonésien" qui ne cessera de grandir. A u VIème, un brave général, Shri Mara accède au teône sous le nom de Sûryavarman (le protégé du soleil). Sous son règne, la suzeraineté du Fou-Nan (sinisation de Phnom comme le nomme les chinois) rayonne jusqu'au nord du Siam (l'actuelle Thaïlande), le Laos et la Malaysie. Vers l'an 600, un guerrier khmer (le roi du Chen-La, Mahendravarman) conquit le Fou-Nan et détrône son suzerain, le Cambodege est né.

Au VIIIème siècle, d'obscures querelles amènent sa partition. Il y a désormais deux Cambodges : le Cambodge de terre et le Cambodge de l'eau. Puis vers l'an 800, Jayarvarman II monte sur le trône de Civa. Le Cambodge de l'eau tombe et fonde sa propre capitale près de Roluos mais la ville devient trop petite et l'un de ses successeurs Yasovarman s'en fait bâtir une autre à deux pas du grand lac sur le site de Phnom Baken. C'est le premier Angkor. La ville sera par la suite embellie pour rayonner enfin sur toute la péninsule.

Mais le royaume devient trop grand et les frontières sont perméables. En 1177, une flotte Cham remonte le Mékong, passe le grand lac et met Angkor à sac. Mais Jayavarman VII (le protégé de la victoire) ne se laisse pas faire et en 4 ans, libère le Cambodge. Il enchaine par l'annexion du pays Cham et rebâtit Angkor. Il signera des chefs d'oeuvre tels le Bayon, Le Preah Kahn et le Ta Prohm. Ce roi qu'on dit lépreux fera élever 102 hôpitaux à travers le Cambodge.

Puis à la mort de Jayavarman VII, l'empire entame un grand déclin qui s'achèvera par la prise d'Angkor en 1351 par les siamois. Ils prennent la ville, la pillent et réduisent en esclavage ses 100 000 habitants. L'occupation durera 6 ans. Mais le prince khmer Soryotei parvient à chasser les siamois et se fait reconnaître roi. Mais, c'est trop tard, ses successeurs délaissent Angkor, la ville est morte. Puis jusqu'au 19ème siècle, le Cambodge sera la proie des invasions siamoises, laotiennes et vietnamiennes. Les attaques les plus violentes viennent de la part des siamois (thaïlandais). Qui se douterait que les habitants du "pays du sourire", ont arraché Oubon, Korat, Lopbari, Kanburi, Chantaboun aux khmers dans des conditions atroces ?

Le roi réclame donc l'aide des vietnamiens qui écrasent les siamois et investissent en contrepartie le delta du mékong, ils y sont encore. Preah Bokor devient alors Saïgon et en plus de ce tribut, le roi cède au Vietnam toutes ses côtes du Golfe du Siam. Mais les siamois se rebellent, s'en suivent de longues batailles et des périodes troubles pour arriver enfin à un consensus général (vers 1750) : le Cambodge sera sous condominium siano-vietnamien : son roi sera choisi à la fois par Bangkok et par Hué.

En 1859, les français viennent de prendre Saïgon et une alliance entre les vietnamiens et les français est signée. Le protectorat est instauré en 1863. La France, si elle ne rend pas au Cambodge les territoires jadis annexée par les vietnamiens, elle obtient toutefois du Siam qu'il renonce aux provinces conquises de Battambang et Angkor. La France se fait livrer par la force tous les pouvoirs politiques et prend complètement en main le Cambodge. A la fin du siècle, elle s'offrit même le luxe d'envoyer une cannonière menacer Bangkok et comme par magie le Siam rendit au Cambodge Stung Treng, Mlou-Prei, Tonle Repou, Kong, ...

En 1 907, un nouveau traité avec les thaïlandais amènent la restitution de Battambang, Sisophong, Monkol Borei, Siem Reap et Tnot. L'heure était revenu pour le Cambodge de ressembler à un pays ... ce pays s'organisa.

Aujourd'hui encore les cambodgiens savent gré aux français d'avoir dépoussiérer Angkor, même si parallèllement la France colonisait : routes, plantations d'hévéas, hôpitaux, écoles publiques, voies ferrées, ...

Pendant la seconde guerre mondiale, le Japon joue les arbitres : le Siam peut reprendre Battambang et Angkor. En 1941, le Japon occupe l'Indochine, mais il attendra le 9 mars 1945 pour investir Phnom Penh et jeter tous les français en prison. Trois jours plus tard, le nouveau roi Norodom Sihanouk dénonce le protectorat et proclame l'indépendance. Puis, vient la libération, la France envoie Leclerc et les provinces annexées par la Thaïlande sont rétrocédées. Cependant, Sihanouk s'étant déclaré indépendant, le protectorat ne peut être rétabli et la France opte pour une autonomie accrue dans un cadre de monarchie constitutionnelle.

La patience et la ténacité du roi Sihanouk finiront par payer car le Cambodge obtiendra en 1953, une réelle indépendance nationale. Ceci sera confirmé en 1954 à la conférence de Genève sur l'Indochine avec la reconnaissance officielle du royaume souverain. En 1955, à la surprise générale, le roi Sihanouk abdique et laisse le trône à son père. Il crée alors un parti et remporte les élections de septembre, se faisant nommer premier ministre. 5 ans plus tard, à la morts de son père, il ne reprend pas le trône et accède au statut de chef de l'état. Les cambodgiens approuvent sa neutralité politique dans le conflit vietnamien. Mais la CIA va faire payer cher au Cambodge sa volonté affichée de non alignement. Les Etats-Unis s'enlisant de plus en plus dans le bourbier vietnamien et ne pouvant compter sur l'aide de Sihanouk pour combattre les maquisards du Vietcong basés au Cambodge, le font renverser par le général Lon Nol qui devient premier ministre. Aussitôt, Sihanouk forme un contre-gouvernement et le Cambodge sombre rapidement à l'anarchie.

Au même moment, le début de la révolution culturelle chinoise enflamme les esprits de la gauche cambodgienne : les khmers rouges sont nés, ainsi baptisés par Sihanouk en personne. Puis, coup d'éclat, le 18 mars 1970, Sihanouk est destitué. Le prince Sisowath responsable de cette trahison a été encouragé par la CIA. Les Etats-Unis reconnaissent aussitôt le gouvernement composé du prince Sisowath et du général Lon Nol. Sihanouk exilé à l'étranger appelle le peuple cambodgien à la résistance. Les Etats-Unis en profitent pour pénétrer au Cambodge et chasser les vietnamiens à grand renfort de B 52. Sihanouk condamné à mort par Lon Nol constitue à Pékin un gouvernement d'union nationale soutenu par Mao en s'alliant aux khmers rouges. Pendant ce temps, la guérilla communiste gagne du terrain au Cambodge et contrôle quasiment tout le pays à la fin 1974.

Enfin, le 17 avril 1975, les khmers rouges entrent dans la capitale. Les habitants accueillent les libérateurs dans la liesse mais vont vite déchanter. En effet, en l'espace de 48 heures, les occuppants procèdent à l'évacuation TOTALE de Phnom Penh soit environ 2,5 millions de personnes. C'est le début du régime khmer rouge et de l'histoire récente du Cambodge que nous vous expliquerons dans un prochain article.
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Publié dans Cambodge

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